La difficulté à éduquer

Compte tenu de la différence d’âge, nous pourrions croire que la relation parent-enfant est à sens unique: d’un côté, le parent qui sait et qui éduque et de l’autre, un enfant ou un adolescent. La réalité est-elle aussi simple?

Cette croyance serait-elle à l’origine de la culpabilité des parents et des jugements de laxisme, de démission vis-à-vis d’eux?

La réalité de l’éducation

Mon expérience personnelle et professionnelle m’a permis de constater qu’éduquer -accompagner un enfant de la toute puissance vers la maturité physique, émotionnelle et intellectuelle- est une entreprise complexe et exigeante.

Chaque enfant qui vient au monde nous apporte son lot d’inconnus. D’une part, nous ne connaissons pas l’enfant qui venait de naître.

D’autre part, le vécu d’une relation est comme un fruit. Si nous ne l’avons pas goûté, nous n’en connaissons pas le goût. Il se découvre par l’expérience.

Nous avons à examiner chaque croyance transmise, chaque opinion concernant la relation éducative à la lumière de notre expérience et de cette relation unique pour construire nos propres certitudes. Cela fait notre force d’éducateur et cela permet à l’enfant de nous faire confiance.

Accepter d’apprendre et de se tromper

La relation parent-enfant est forcément jalonnée de tâtonnements et d’erreurs. « L’erreur est humaine » et « l’erreur est source de progrès », à condition d’y remédier.

C’est plus facile à dire qu’à faire car l’erreur réveille en nous de la culpabilité et des émotions difficiles. Elles font le lit de nos hésitations, de notre manque de détermination et de nos faiblesses dans la relation.

Le rôle de l’enfant

L’enfant est d’une grande aide.

Il excelle à nous refléter nos erreurs et nos facettes cachées, notre part d’ombre.

Quand la relation dysfonctionne, posons-nous la question de façon obstinée: « Quelle est ma part? » Observons et attendons…… jusqu’à ce que la réponse jaillisse.

Le développement personnel de l’éducateur

 » Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers » SOCRATE.

Comment puis-je connaître l’autre si je ne me connais pas moi-même? Que puis-je comprendre de lui si je ne comprends pas mon malaise, mes souffrances, mes colères?

Comment puis-je accompagner l’enfant vers la maturité si je ne suis pas moi-même en chemin vers elle?

Comment puis-je accompagner l’enfant sur son chemin de vie si je suis encore soumis à la peur de l’erreur?

Si, d’un point de vue physique et intellectuel, nous avons beaucoup avancé, d’un point de vue émotionnel, beaucoup reste à faire.